Eric Bulliard dans La Gruyère, janvier 2009

Très délicat, le roman humoristique : si le rire tombe à plat, tout s’effondre. Ce risque, Michel Layaz (Fribourgeois installé à Lausanne) le prend à bras-le-corps dans Cher Boniface, avec plus d’aplomb encore que dans La joyeuse complainte de l’idiot. Son atout : le goût des mots et des jeux de langage. Ce brave Boniface a une noble ambition : cultiver sa paresse et surtout ne pas travailler. Jusqu’à sa rencontre avec Marie-Rose, qui le pousse à trouver un emploi. Le voici couchettiste à la Compagnie des Wagons-lits. Et Michel Layaz de se lancer dans un bref roman plein de verve, égratignant aussi bien les blogueurs anonymes que les pontifiants directeurs d’école d’art, les politiciens « venimeux » (un certain Christian Brochet…) ou tous ces gens qui rêvent d’un « chez nous à nous », de « petites villas jolies-jolies laides à mourir… » Une satire un brin caricaturale (comme le veut le genre), mais jubilatoire de ce pays où « être un grand homme, c’est être un homme moyen ».