Isabelle Rüf dans Le Phare, journal du Centre culturel suisse, février 2009

Pour son amoureuse, Marie-Rose, Boniface Bé est « un gros bébé » qu’elle est bien décidée à faire grandir. Lui, pourtant, ne voit aucune nécessité à se lancer dans le combat pour la survie : sa maman pourvoit à la sienne. Il resterait volontiers sous la tonnelle à croquer de l’ail en contemplant de loin les convulsions du monde. Il faut toute l’énergie de la jeune journaliste pour lui faire trouver un travail : couchettiste sur la ligne Genève-Rome. Mais la pygmalionne a d’autres rêves : il lui faut un artiste. Boniface se résignera-t-il à ajouter un livre aux millions qui s’empoussièrent dans les bibliothèques ? Huitième roman de Michel Layaz, Cher Boniface est un hommage aux forces subversives et rédemptrices de l’amour, un apologue gai et tendre, dans la continuité de La Joyeuse Complainte de l’Idiot. Et les enquêtes de l’intrépide journaliste permettent une série de portraits acides des décideurs du monde de l’art et de celui de l’administration.