Isabelle Rüf dans le Magazine Littéraire (juin 2005)

De Lausanne à Paris

Michel Layaz, dont les derniers romans sont publiés chez Zoé, est l’un des rares auteurs suisses à avoir percé en France.

Difficile de percer le mur qui sépare la Suisse francophone de la France. Avec Michel Layaz, les éditions Zoé semblent y être parvenues. Après trois romans publiés à l’Age d’Homme et un chez Zoé, ce jeune professeur à trouvé son public dans et hors des frontières du pays grâce à un roman intitulé Les larmes de ma mère. Si ses premiers textes avaient quelque chose d’étouffant et d’un peu voulu, ces souvenirs d’enfance transposés ont une grâce trouble, toujours savante mais plus directement accessible. La Joyeuse complainte de l’idiot qui a suivi en 2003, toujours chez Zoé inaugure une nouvelle veine, facétieuse et imaginative, nettement plus gaie que les précédents ouvrages mais toujours inventive sur le plan du langage. L’histoire se déroule dans un internat pour jeunes gens à l’intelligence vive mais décalée. Le personnel et les élèves sont des originaux qui voient la réalité sous un angle particulier.

Michel Layaz partage son temps entre Paris et Lausanne où il enseigne à l’Ecole professionnelle de commerce. Avec sa femme, historienne de l’art, il a tenu une galerie. Avec des amis, il a lancé une revue éphémère mais roborative, Les Acariens. Les larmes de ma mère a valu à son auteur le prix des Auditeurs de la radio et le prix Dentan. En France, c’est par les « Belles Etrangères » qu’il s’est fait connaître. Parmi la génération qui atteint 40 ans, la place de Michel Layaz est singulière.

Deux jeunes femmes se sont fait connaître par des coups d’éclat : Anne Loup Steininger avec La Maladie d’être mouche (1996) et Noëlle Revaz, avec Rapport aux bêtes (2002). Deux expériences de langage fascinantes qui ont séduit Gallimard, mais qui sont restées jusqu’ici sans descendance.