Jacques Danton dans Page (mars 2004)

La Demeure est un lieu de quarantaine où ont abordé des naufragés fuyant la vanité et la férocité du monde, un lieu à l’écart, écart volontaire et voulu par les amphitryons qui accueillent ces êtres abandonnés, cassés, jetés au rebut.

Dans cette enceinte se pratique un pouvoir davantage fondé sur la consolation que sur la volonté de classer et de contrôler. L’apprenti chroniqueur, l’idiot lucide, consigne que les pensionnaires ont même des accès d’un rire éclatant. « Comment faire sonner en quelques phrases divinement condensées tout l’inexprimable qui hante nos âmes et notre demeure ? »

Dans l’économie subtile de ce conte, Michel Layaz réunit des personnages grotesques qui ne cessent de faire varier le point de vue sur cet institut décalé et tendent à renverser l’ordre communément admis : la folie et le dérèglement sont au-dehors, et si parfois glisse une ombre menaçante, elle passe et s’évanouit afin que survive ce phalanstère fraternel.

Jacques Danton (Lib. Ombres blanches, Toulouse)